Association Française des Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle
Texte et traduction d'un commentaire de Dante Alighieri (1265-1321) sur le mot pèlerin dans "La vie nouvelle" (Vita Nuova)
Texte
E dissi "peregrini" secondo la larga significazione del vocabulo ; ché
peregrini si possono intendere in due modi, in uno largo e in uno stretto :
in largo, in quanto è peregrino chiunque è fuori de la sua patria ; in modo
stretto, non s'intende peregrino se non chi va verso la casa di sa' Iacopo o riede.
E però è da sapere che in tre modi si chiamano propriamente le genti che vanno
al servigio de l'Altissimo : chiamansi palmieri, in quanto vanno oltremare,
là onde molte volte recano la palma; chiamansi peregrini, in quanto vanno a la
casa di Galizia, però che la sepultura di sa' Iacopo fue più lontana de la
sua patria che d'alcuno altro apostolo; chiamansi romei, in quanto vanno a Roma,
là ove questi cu' io chiamo peregrini andavano.
Traduction
Je dis pèlerins (peregrini) suivant la plus large acception de ce mot.
Car pèlerin peut s'entendre de deux manières, l'une large et l'autre étroite.
Dans le sens large, quiconque se trouve hors de sa patrie est peregrino ; dans
le sens étroit pèlerin s'entend seulement de celui qui s'en va à la maison
de Saint-Jacques et en revient.
Il faut donc savoir qu'on appelle de trois manières ceux qui vont au service
du Très haut. On les appelle palmieri quand ils vont dans les pays d'outremer,
d'où ils rapportent souvent des palmes. On les appelle peregrini quand ils vont
à la maison de Galice parce que la sépulture de Saint-Jacques fut plus éloignée
de son pays que cette d'aucun autre des apôtres. On les appelle romei quand
ils vont à Rome, là où allaient ceux que j'appelle pèlerins.
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