GUIDE du PÈLERIN de SAINT-JACQUES de COMPOSTELLE, CHAPITRE VIII


Corps Saints qui reposent sur l'itinéraire de Saint-Jacques et que les pèlerins doivent visiter (suite).

Ici commence la Passion du bienheureux Eutrope de Saintes, évêque et martyr.

Le très glorieux Eutrope, martyr du Christ, aimable évêque de Saintes, né de la race infidèle des Perses, descendait du plus excellent lignage du monde entier puisque c'est l'émir de Babylone, nommé Xersès, et la reine Guiva qui l'avaient engendré (selon la chair). Nul n'a pu être d'une ascendance plus sublime, ni d'une humilité plus grande, par la foi et les oeuvres après sa conversion. Alors que tout jeune encore, il étudiait les lettres chaldéennes et grecques et se montrait l'égal des plus grands personnages de tout le royaume par sa sagesse et sa curiosité, il désira voir si, à la cour du roi Hérode, il y aurait des choses curieuses ou étranges. Il se rendit auprès de lui en Galilée. Alors qu'il séjournait à cette cour, la rumeur des miracles du Sauveur lui parvint. Il le chercha de ville en ville et le trouva quand il partait vers la rive opposé de la mer de Galilée là où est Tibériade avec une foule innombrable de gens qui le suivaient, attirés par les miracles qu'il faisait.

Or, par un effet de la grâce divine, il se trouva que ce jour-là le Sauveur, dans sa générosité ineffable, rassasia avec cinq pains et deux poissons les cinq mille hommes qui étaient auprès de lui. Voyant ce miracle, le jeune Eutrope qui avait entendu le récit de ses autres miracles et déjà croyait un peu en lui, désira lui parler mais il n'osait pas car il craignait les reproches de Nicanor, son maître à la garde de qui l'émir son père l'avait confié. Toutefois, rassasié par le pain de la grâce divine, il alla à Jérusalem et, après avoir adoré le Créateur dans le temple, à la façon des gentils, il revint à la maison de son père. Et il se mit à lui raconter ce qu'il avait vu avec attention dans le pays d'où il venait : " J'ai vu, dit-il, un homme qui est appelé Christ et qui dans tout le monde n'a pas son pareil. Il rend la vie aux morts, il guérit les lépreux, donne la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, restitue aux paralytiques leur vigueur ancienne et donne la santé à toutes sortes de malades. Qu'ajouterais-je? Sous mes yeux, avec cinq pains et deux poissons, il a nourri cinq mille hommes ; avec les restes, ses compagnons ont rempli douze corbeilles. Là où il se trouve, point de famine, ni intempéries, ni mort. Si jamais le Créateur du Ciel et de la terre daignait l'envoyer dans notre pays, puisses-tu dans ta bienveillance lui rendre honneur. Et l'émir, entendant l'enfant lui dire ces choses et d'autres semblables, se demandait en silence, comment il pourrait bien voir cet homme. Peu de temps après, à peine obtenue l'autorisation du roi, l'enfant qui désirait revoir Notre-Seigneur, partit pour Jérusalem faire ses dévotions dans le temple. Il y avait avec lui Warradac, le chef des armées, et Nicanor, le sénéchal du roi, précepteur de l'enfant et beaucoup d'autres nobles que l'émir avait envoyés en escorte.

Un jour, à son retour du temple, il vit une foule innombrable qui affluait aux portes de Jérusalem pour accueillir Notre-Seigneur qui revenait de Béthanie où il avait ressuscité Lazare. Il vit les enfants hébreux et la multitude de gens d'autres nations qui allaient à sa rencontre et qui répandaient des fleurs et des rameaux de palmiers, d'oliviers et d'autres arbres sur le chemin qu'il allait parcourir, criant : " Hosanna fils de David ". Eutrope se réjouit plus qu'on ne peut le dire et se mit à jeter avec empressement des fleurs sur ses pas. Il apprit par les gens qui l'entouraient qu'Il avait ressuscité Lazare mort depuis quatre jours. Il s'en réjouit beaucoup. Mais comme il ne pouvait pas à ce moment voir très bien le Sauveur, à cause de la trop grande foule, il commença à éprouver de la tristesse.

Il se trouvait en effet avec ceux de qui Jean porte témoignage dans son Évangile, disant : " Or il y avait des gentils parmi ceux qui étaient venus pour l'adorer en ce jour de fête ". Ils s'adressèrent à Philippe qui était de la ville de Bethsaïde et lui dirent : " Seigneur, nous voudrions bien voir Jésus ". Alors Philippe, s'étant joint à André, alla le dire au Seigneur et aussitôt le bienheureux Eutrope avec ses compagnons le vit de près et, s'étant réjoui beaucoup, commença à croire en lui en secret. Enfin il s'attacha à lui tout à fait, mais il craignait la réprobation des compagnons auxquels son père avait enjoint de le garder soigneusement et de le ramener à lui.

Alors certaines gens lui apprirent que les juifs allaient sous peu tuer le Sauveur et comme il ne voulait pas voir la mort d'un si grand homme, il quitta Jérusalem le lendemain.

Revenu auprès de son père, il raconta méticuleusement à tous dans son pays tout ce qu'il avait vu concernant le Sauveur dans la contrée de Jérusalem. Puis, après un court séjour à Babylone, comme il désirait s'attacher totalement au Sauveur et croyait qu'il vivait encore sous forme humaine, il s'en retourna de nouveau quarante-cinq jours après, à Jérusalem, avec un écuyer à l'insu de son père. Quand il apprit que le Seigneur qu'il aimait en secret avait été crucifié et mis à mort par les juifs, il en fut très peiné ; mais quand on lui eut dit qu'il était ressuscité d'entre les morts et était apparu à ses disciples et qu'il était triomphalement monté au Ciel, il commença à beaucoup se réjouir.

Enfin, le jour de la Pentecôte, s'étant joint aux disciples de Notre Seigneur, ceux-ci s'empressèrent de lui apprendre comment l'Esprit Saint était descendu sur eux, sous forme de langues de feu et qu'il leur avait empli le coeur et enseigné toutes sortes de langues. Il revint à Babylone rempli de l'Esprit Saint et, brûlant d'amour pour le Christ, il fit tuer par l'épée les juifs qu'il rencontra dans sa patrie se souvenant de ceux qui, en condamnant à mort le Christ, avaient jeté l'opprobre sur Jérusalem. .....

Après cette phrase inqualifiable, le traducteur refuse d'aller plus loin.

Traduction non savante !
Latinistes, merci pour vos propositions (savantes et gratuites) de corrections !
L'Association Française des Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle autorise la reproduction totale de la présente page. Elle souhaite seulement que mention soit faite de l'origine.

vers le sommaire de cette traduction clic sommaire du site clic images jacquaires clic