ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE
Fouilles archéologiques sous le chœur de la Cathédrale Saint-Jacques
Traduction non savante de commentaires savants rédigés en espagnol ou anglais.
Jusqu'au 19e siècle il n'y eu aucune étude archéologique mettant en doute ou, inversement, affirmant possible l'enterrement de
l'Apôtre Saint Jacques à Compostelle. En fait, quand l'Archevêque Miguel Paya Rico en 1879 fait creuser le sous sol de la cathédrale,
on trouve un mausolée romain avec trois tombes où il n'y a pas d'ossements. Les tombes ont été vidées en 1589 quand, après
l'échec de l'Invincible Armada (1588), le corsaire Francis Drake menace la Galice en attaquant le port de La Corogne.
Craignant une profanation, l'Archevêque Juan de Sanclemente cache les ossements de l'Apôtre et de ses deux disciples. Aussi, pendant près
de trois siècles, on ne sait pas où sont les reliques. En 1760, on fait des travaux au maitre-autel de la cathédrale mais on ne
divulgue pas que les tombes dessous sont vides.
Les fouilles de 1879 résolvent l'énigme. Les ossements de trois squelettes apparaissent dans un ossuaire construit à la va-vite
avec des moellons de marbre et des briques provenant de la sépulture originale de l'époque romaine ou du voisinage. On peut identifier les restes
attribués à l'Apôtre Saint Jacques parce qu'à un des cranes, il manque la pointe de l'apophyse mastoïde de l'os temporal droit
(où s'accrochent les muscles qui soutiennent la mâchoire).
Vers 1138, l'évêque de Pistoie (Pistoia, Italie) avait obtenu de l'archevêque de Compostelle,
Diego Gelmirez, une relique de la tête de saint Jacques. Ce fragment est bien celui absent sur l'un des cranes de la fouille de 1884.
Tous ces restes attribués à Saint Jacques et ses deux disciples sont regroupés dans une urne d'argent où ils figurent encore.
Par la bulle Deus omnipotens du 1er novembre 1884, le Pape Léon XIII confirme la découverte des restes de l'Apôtre à Compostelle
ce qui avec la proclamation d'une année sainte extraordinaire (1885) relançe le flux des pèlerinages.
Au cours du 20e siècle, les fouilles réalisées à partir de 1954 donent une nouvel éclairage sur l'époque de la découverte
(l'invention dans le langage ecclésiastique) de la tombe de l'Apôtre. En plus du tombeau déjà connu de l'époque romaine
− le mausolée d'Atia Moeta − on dégage, sous la cathédrale, un grand cimetière, constitué de tombes des époques
romaines et suèves∗.
Elles attestent le peuplement ininterrompu de l'endroit -Arca Marmarica- du 1er au 7e siècle. Ce n'est qu'à la suite de
l'invasion musulmane en 711 qu'intervient une période d'abandon d'un siècle. Dès lors la tombe est "redécouverte" vers 830.
∗Lors des grandes invasions de l'Empire romain, les Suèves, après avoir ravagé la Gaule, vinrent occuper le nord-ouest
de la péninsule ibérique (Galice et nord Portugal).
En 1955, on dégage la pierre tombale de Théodomire, l'évêque d'Iria Flavia (Padron)
qui au lendemain de la découverte de la tombe de l'Apôtre transfére son siège épiscopal à Compostelle .
Il s'agit d'un plaque de
granite ornée d'une croix de style Asturien
(voir,
par exemple, la Croix des Anges, en passant ici la souris).
Le décès est du 20 octobre 847.
La théorie qui affirmait que la déclaration de découverte n'était qu'un acte de propagande pour promouvoir la Reconquista -
la reconquête des espaces musulmans par les chrétiens - tombe à l'eau. De même quand on réduit l'affaire à un transfert
de reliques provenant d'une ville occupée du sud,
(voir le cas de Mérida, en cliquant ici).
En 1988 intervient une nouvelle découverte importante. Le compte rendu a été publié dans le bulletin de l'Académie Royale d'Histoire
en 1989 par les académiciens Antonio Blanco Freijeiro et Isidoro Millan Gonzalez-Pardo.
Il s'agit du "titre sépulcral en grec" de saint Atanase,
un des deux disciple de Saint Jacques enterré vers l'an 90 auprès de son maître, déposé lui vers l'an 44.
Freijeiro et Millán étudiaient la crypte de la cathédrale pour reconstituer une maquette du mausolée primitif.
Ils constatent d'abord dans les sépultures "(loculi)" attribuées à Athanase et Théodore disposent de «fenestellae», des ouvertures ou
petites fenêtres qui permettaient d'accéder aux restes
des martyrs. Voir et toucher ou même créer une "relique indirecte" car en faisant toucher les restes vénérables à un objet
quelconque celui-ci capte une part de sainteté.
Donc, au 1er siècle, à l'époque romaine, il y avait là des martyrs chrétiens vénérés.
Enfin, nos chercheurs découvrent que l'une des pierres servant de bouchon à une fenestelle de la paroi nord porte sur deux
lignes l'inscription gravée en
lettres cursives grecques ΑΘΑΝΑΣΙΩΣ Μαριρ soit ATHANASIOS MARTYR.
Comme le montre le dessin d'Isidoro Millan Gonzalez-Pardo à droite, les lettres ne sont pas simplement
alignées et pas toutes grecques. Expliquer pourquoi nous ferait basculer dans le monde des conjectures et des symboles judeo-chrétiens des premiers siècles.
Depuis les relevés d'inscriptions gravées sur les parois du vieux mausolée se sont multipliées (estampages en papier
mouillé, photos avec lumière rasante, traitements des images par ordinateur...) ainsi Enrique Alarcon lit en hébreu
Ya'aqov les
lettres qui forment le nom de JACQUES entrelacées aux lettres grecques qui forment le mot MARTYR.
Bref les fouilles archéologique ont montré que l'Apôtre Saint Jacques a été très tot vénéré sur le
site de la cathédrale de Compostelle.
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Le vieux mausolée romain fut intégré au cœur de la première église puis
on détruisit la partie haute
et on édifia à sa place un maitre-autel et son baldaquin. Source doc2 et doc3.
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Partie ouest de la crypte avec ses 2 "loculi". Deux "fenestellae" du loculus de gauche (attribué à Athanase)
ont été dessinées. Source doc1.
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