Le Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, envoya en 1428 une délégation au Roi du Portugal, Jean 1er, pour solliciter la main de sa fille
aînée Isabel (1397-1471). La mission dirigée par Jean de Roubaix était secrête mais assez nombreuse. Elle comportait, en particulier,
le peintre Jan van Eyck qui devait faire le portrait de l'infante portugaise, possible future épouse.
On embarqua sur deux galères vénitiennes au port de L'Écluse (Sluis en flamand,
à l'embouchure de l'Escaut) le 19 octobre 1428.
Après plusieurs escales en Angleterre, on mit le cap sur l'Espagne le 2 décembre pour aborder enfin à Lisbonne le 18 décembre 1428.
La délégation ne fut reçue que le 12 janvier 1429 et les tractations commencèrent. Elles aboutirent en quatre semaines et
le portrait de la princesse fut exécuté en deux exemplaires. Hélas, aucun ne subsiste.
Vers le 12 février, on expédia le projet d'accord en quatre exemplaires, deux par mer et deux par terre. Un ou deux portraits accompagnaient cet envoi.
Comme il fallait bien quatre mois pour avoir une réponse de Philippe le Bon, on en profita pour aller visiter la péninsule.
On se rendit d'abord à Saint-Jacques de Galice, au nord, puis à Valladolid en Castille, au centre, puis à Grenade en terre d'Islam, au sud.
Fin mai, les délégués étaient de retour à Lisbonne.
Jan van Eyck n'est pas nommément dans la liste des participants de la tournée ibérique car il n'est pas une "personne de qualité",
pas même un gentilhomme. On a pu aussi bien le laisser à Lisbonne que l'emmener.
Le mariage fut célébré "par procuration" le 25 juin 1429 à Lisbonne. Les semaines suivantes, on célébra
plusieurs fêtes fastueuses et on organisa le voyage par mer de la nouvelle duchesse.
Les choses prêtes, on essaya de trouver une période de temps calme pour la traversée. On affréta, selon les escales,
tantôt des navires à voiles, tantôt des galères.
Le premièr navire arriva à L'Écluse le 6 décembre. L'autre, avec l'épousée, le jour de Noël 1429.
Parmi les tableaux de Jan van Eyck que nous connaissons, aucun ne porte trace de ce voyage ibérique.
Quelques lignes du rapport : Et, ce fait, les dits ambaxadeurs, environ le 12e de Febvrier ensuivant, envoyerent devers mon dit seigneur de
Bourgoingne quatre messaiges, deux par mer et deux par terre, c'est assavoir : par mer, Pierre de Vauldrey,
escuier, escanson de mon dit seigneur, et ling poursuivant d'armes dit Renti, et, par terre, Jehan de Baissi, escuier, et
ung aultre poursuivant d'armes appelle Portejoye : par lesquelz messaiges, et par chascun d'iceulx, ils escripsirent
a mon dit seigneur de Bourgoingne ce qu'ilz avoient trouve, et que jusques lors avoit este fait touchant la matiere du dit
manage. Aussi luy envoyerent ilz la figure de la dicte dame faicte par painctre, comme dit est. Et, attendant nouvelles
et response de mon dit seigneur de Bourgoingne, aucuns des dits ambaxadeurs, c'est assavoir le seigneur de Roubais,
messire Bauduin de Lannoy et Andre de Tholonjon, et de leur compaignie le dit Bauduin Dognies, Albrecht, bastard
de Baiviere, Grignon Landas, Hector Sacquespee et autres gentilzhommes et familliers, se trairent a Saint Jacques en
Galice, et de la alerent visiter le duc d'Arjonne, le roy de Castille, le roy de la ville de Grenade et pluiseurs autres
seigneurs, pays et lieux.
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